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 Des mémoires au fil de l'eau

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Main Rouge

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Messages : 327
Date d'inscription : 08/05/2013

MessageSujet: Des mémoires au fil de l'eau   Mer 19 Mar - 17:43

Puisqu'il faut commencer par être avant d'oublier...

Il est temps pour moi de coucher quelques mots sur le papier, et plus qu’une envie je crois qu’il s’agit surtout d’un besoin. Les événements se sont enchaînés à une vitesse infernale et en à peine plus d’un an ma vie a changée du tout au tout. Je ne sais pas de quoi demain est fait, si je serais propulsée vers les sommets ou finirais par le fond. Le temps passant, j’aimerais juste ne pas oublier qui je suis, et ce qui a fait ce que je suis à présent. Peut-être quelqu’un un jour lira-t-il ces quelques lignes. Probablement pas de mon vivant…

Mon nom est Emy, mais on me connait surtout sous le nom de Main Rouge, et à l’heure où j’écris ces mots je suis une capitaine corsaire de l’Arche du Lion, du moins ce qu’il en reste. La capitaine de l’Engeance.

Je ne sais pas exactement quand est-ce que je suis née, mais ça doit être vers 1302. Mes plus anciens souvenirs me ramènent à l’Arche du Lion, je pense l’avoir toujours connue. Une cité splendide, agréable, ensoleillée, mais également sordide quand on veut bien voir l’envers du décor. C’est dans cet environnement que je suis née, et que j’ai grandi. Mes parents, je ne les connaissais pas… et personne n’avait su me dire quoique ce soit à leur sujet. Ca m’était plutôt égal à l’époque, mes amis étaient dans le même état que moi. Mais au fond, tout au fond, ces élans de colère et rancœur qu’on peut ressentir lorsqu’on voit un enfant rentrer joyeusement chez ses parents, au fond je crois qu’on peut appeler ça de la jalousie, même caché derrière un « D’toute façon c’est un con, il passe son temps à se plaindre ». Ca m’a manqué, c'est certain, mais jamais je ne l’ai admis durant mon enfance, et ô grand jamais je n’ai voulu combler ce manque. Si c’était une source de colère ou de peine, de violence ou de haine, c’était aussi ce qui m’a permis de devenir forte, ça ne fait aucun doute.
Bien sûre, je n’ai pas toujours été seule… Je me souviens encore de ces quelques bougres, des gens qui traînaient dans les rues, dans des abris de fortune, ces gens là nous avaient recueillies moi et Mei’. Mei’ c’était une fille qui devait avoir à peu près mon âge, on a été élevées ensembles, et je pense pouvoir dire que je la connais depuis toujours. On a partagé les mêmes joies, peines et galères, les éclats de rires et les pleurs… C’était mon amie.

La rue, c’est pas un lieu tendre. Je ne sais pas si l’Arche sera reprise un jour, et je ne sais pas si elle ressemblera à ce que j’ai connu… Mais à mon époque, elle était belle, resplendissante !  Oh il en faut peu pour ravir une enfant, c’était un beau terrain de jeu avec ses ruines, ses vieilles pierres, ses plages et ses falaises, et la mer… Une eau bleutée, miroitante sous le soleil…
Dans la ville se mêlaient l’odeur du sel à celui des épices, des fruits parfumés, et on pouvait y voir milles merveilles : des objets de toute sorte, de bois, de pierres (précieuses parfois), métal, verres colorés. C’est là ce que voient les touristes, c’est ce qu’on voit le jour… Les ruelles sombres suintent la misère. Dans ce beau terrain de jeu, on apprend vite à se débrouiller, seul ou en groupe. On faisait une belle équipe avec Mei’, on s’en sortait pas trop mal, mais parfois venaient le froid, la faim, les coups. Les années filaient sans qu’on ne les voit, j’ai appris à me battre. Je n’aimais pas perdre, j’avais horreur de ça… Perdre c’était prendre le risque de mourir. Alors j’ai appris, et est venu le jour où je me suis montrée aussi forte que les garçons de mon âge. Forte et rapide. Je voulais rejoindre leur groupe, mais j’étais une fille et leur chef, « Le Rat » comme il se faisait appeler, ne voulait absolument pas d’une fillette parmi eux. Oh, on s’entendait pas trop mal avec eux quand on ne se battait pas, au fond on était dans la même galère. Y’en a un avec qui je m’entendais mieux que les autres, « Le Furet » qu’il se faisait appeler mais c’était Syndär son vrai nom. Bon, on se cognait dessus la plupart du temps, mais je l’aimais bien !
Dans les bas-fonds de l’Arche du Lion, il ne se passe que des choses bien belles, loin de là. On y trouve des groupes qui trafiquent, des groupes qui se battent, qui menacent et tuent… Ces types là demandent souvent à des gosses d’aller écouter et ramener des informations sur un groupe voisin, ils payaient de quelques cuivres, alors on le faisait. Ces choses là, je les ai faites pendant quelques années. Parfois on se faisait voir, et là il fallait courir vite, très très vite, et prier les Six qu’ils n’aient pas vu notre visage. J’ai connu quelques garçons qu’on a plus revu du jour au lendemain, je suppose qu’ils se sont fait prendre. C’était dur, c’était dangereux, mais c’était se nourrir ou crever.
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