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 "MANGEZ MOI" [ouvert]

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Ilhann Orwel

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Localisation : Loin du noir océan de l'immonde cité, vers un autre océan où la splendeur éclate.

MessageSujet: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Sam 18 Mai - 19:30

Le froissement des vagues, léger, qui m’entourait... Le murmure du vent, paisible, venu s’engouffrer dans les voilures… La chaleur d’un soleil au zénith sur mon visage… J’inspirai profondément, et savourais cet instant de pur plaisir, allongé sous ce qui devait être un ciel limpide et azuré. Je percevais quelque part en dessous de moi le grincement familier de la coque, paisible ronronnement du vagabond soumis à la caresse de la houle, et inhalais avec délice le parfum iodé de la liberté. Les yeux clos, tout n’était que sensations autour de moi, mais je façonnais sans difficulté le néant dans lequel je m’étais plongé.

Si le plaisir avait de multiples visages… ces instants là en constituaient assurément un.

Je restais là un instant… un moment… des heures peut-être, à savourer comme si le moindre de mes désirs se trouvait rassasié. Tranquille, je fuyais et m’évanouissais, l’âme gonflée d’une placide allégresse.

J’étais libre.

J’ouvris doucement une paupière, puis l’autre, et clignai plusieurs fois pour m’habituer à la lumière qui vint me submerger. Au dessus de moi, la grand voile me surplombait, inlassable gardienne, et faisait vriller les rayons de soleil sur mon visage. J’inspirai de nouveau. Tout était parfait.

Trop parfait…

Un silence, un temps d’arrêt, suspendu dans le temps.

Je me redressai, attiré soudain par quelque chose… Un bruit, une voix, un cri. L’esprit encore embrumé, je tâchais d’identifier la chose, d’en saisir la provenance. Rien ne semblait se mouvoir autour de moi, alors que, pourtant, je percevais de façon significative la danse régulière du navire sur les flots. Un regard autour, et je me retrouvai face un horizon vide de toutes parts. Un regard sur le pont… Un nouveau néant. Je pris conscience que j’appartenais à un tableau dénué de vie.

Mon immuable tranquillité se fissura.

J’amorçai un mouvement pour me lever, chancelant, et vint me rattraper à un cordage pour soulager le malaise qui venait de me transpercer. Je balayai une nouvelle fois le bâtiment en espérant y percevoir cette fois une silhouette, une ombre… Rien. Il n’y avait que moi. Et par les Six, je savais bien que tout cela était grotesque.

Un murmure, de nouveau.

Mon regard fut alors attiré par un coffre... en plein milieu du pont. Je n’y avais visiblement pas prêté attention auparavant. Je m’en approchai, d’un pas lent… si lent, que j’eu l’impression que des lieux m’en avaient séparé. Je perçu de nouveau cette voix, ne sachant pas vraiment si elle venait de ma tête… ou de la malle abandonnée. Sur mes gardes, je tendis la main vers la serrure et la déverrouillai dans un cliquetis qui sembla raisonner tout autour de moi dans un écho infini.

Je l’ouvris.

Stupeur. Torpeur. Angoisse. Une ribambelle de sensations m’assaillit l’esprit alors que mes yeux rencontrèrent le néant qu’elle renfermait. Sans que je m’y attende, sans que je puisse me dérober, je me senti happé. Très vite les ténèbres vinrent m’emmitoufler sans que je ne puisse puiser la moindre énergie pour les combattre. Ils me noyèrent, et comme un pantin désarticulé dans lequel on m’aurait insufflé, j’assistais, et suffoquais. Mon paradis devint rapidement étouffant, tandis que je basculai dans la fosse sans que mes mains ne puissent agripper les cordages qui valsaient autour de moi. Je ressentais pourtant la rage et la colère mues par cette impuissance… Mais j’étais alors étranger à mon propre corps. Je ne pouvais résister…

Le toit du coffre se referma dans un claquement sonore.

*****************

VLAAAAAM ! Un bruit sourd, suivi d’un tremblement.

Comme électrisées, mes paupières s’ouvrirent brusquement... et se refermèrent aussi subitement. Je fus envahi d’un flot de nouvelles sensations… désagréables. Le chaud, le froid, l’humidité… la douleur même car, bon sang… mon crâne… ! Ce fut comme si des milliers de tambours y battaient à m’en rompre les tympans. J’inspirais profondément. Ma bouche était pâteuse, ma tête nauséeuse. Je connaissais bien ces symptômes : Lendemain de cuite, bonjour… !

Je grommelai, et secouai délicatement la tête. Tout semblait encore la raccorder à mon corps, c’était une bonne chose. Je n’avais pas encore embrassé la lumière – ou l’obscurité, ne sachant pas trop à quel moment de la journée je m’éveillai – les paupières toujours closes comme pour éviter qu’un nouveau mal ne vienne pénétrer mon crâne par mes orbites.

Un mouvement. Contre moi.

Je me figeais. Mon corps remontait progressivement à ma conscience, et j’eu la nette sensation de mes jambes… et du poids qui les écrasait.

Un autre mouvement, léger, timide…

Quelque chose se referma sur mon épaule. Il y avait encore bien trop de brouillard. Sans trop réaliser, je levai une main vers moi… Et c’est sans grande surprise qu’elle atteignit un obstacle sur son passage. Doux, duveteux, lisse… La chevelure d’une femme. Inconsciemment, peut-être par réflexe, j’esquissais un maigre sourire, encore teinté de ma profonde absence. Je laissais errer mes doigts dans la crinière, doucement, profitant de ce petit plaisir pour me sortir de ma léthargie. Au fur et à mesure, je percevais plus clairement sa présence, blottie contre moi, une douce chaleur répartie contre ma poitrine.

Ma poitrine…

« MANGEZ MOI ».

Un éclair. Dans un sursaut, j’ouvris les yeux. La réalité me frappa comme un boulet derrière le crâne, et je reconnus aussitôt le morne paysage de la cale de l’Orpheline. Je déglutis. Mon paradis était encore bien loin, et je le vis même disparaître de mon horizon à mesure que les souvenirs reprenaient leur place dans mon esprit. Comme pour vérifier que je n’étais pas encore en train de rêver, j’agitais un pied…

Un bruissement sonore. Métallique.

Non. Je ne rêvais pas. J’étais encore là, enfermé dans ce fichu rafiot, couvé par ces odeurs caractéristiques de chanvre et d’épices. Il n’y avait aucun mouvement, aucun bruit… si ce n’est ce léger ronflement qui ricochait contre mon thorax. Je baissais alors les yeux pour l’identifier… et rencontrai d’abord une masse de cheveux roux. Je vins glisser deux doigts sous le menton de l’innocente, pour aviser son visage... et c’est sans difficulté que je reconnus les traits familiers - fins - de l’adolescente.

Kaz.

…. …. ….

Kaz…. ?!

Un réflexe. Je la repoussais vivement, la tirant très sûrement de son sommeil dans des conditions peu accommodantes... à moins qu’elle n’ait été éveillée plus tôt. La « p’tiote » vint s’affaler sur le plancher, alors que j’amorçais un mouvement rapide – un peu trop – pour me relever. Je chancelai.

Mais qu’est ce que… !?

Je l’observai un long moment, tandis que la mémoire de la veille me revenait… en partie. Par instinct, je baissais les yeux sur mon torse, pour y apercevoir les traits irréguliers tracés par la rouquine. Je grognai.

Quel idiot…

Sentiment de blase profond. Je maudissais un instant cet alcool qui m’avait enivré, m’accordant probablement un bref moment de plaisir dans ce contexte trop décourageant... tout autant qu’un moment de faiblesse. Je passais nonchalamment les mains dans la masse désordonnée de mes cheveux, et tâchais de me stabiliser. La p’tiote se muait sur le sol comme un chaton à peine sevré. Je la considérai sans vraiment la regarder, et aperçu derrière elle mon manteau étendu sur le plancher. L’esquivant, je vins le ramasser pour le jeter sur mes épaules. Un bref regard aux alentours pour reprendre connaissance de mon environnement, et je me mis en quête du nécessaire pour effacer ce vestige ingrat de ma négligence, ce dessin ridicule…

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Hazia
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Dim 19 Mai - 10:43

J’ai froid… j’ai quitté le manoir cette nuit, un livre sous les bras. Je voulais rentrer au navire, retrouver le bateau, mes frangines. Un vent glacial s’engouffrait sous la cape dans laquelle je m’étais enveloppée. Tête baissée, le menton rentré, j’avançais. Mes membres fatigués me suppliaient de m’arrêter, et je maudissais ma stupidité de n’être pas restée chez Jaal, de ne pas être en ce moment blottie dans les draps de soie, au chaud.

Stupide... tu es stupide!

Je levais la tête, et vis au loin l’ombre de l’Orpheline. J’accélérais le pas. Une bouteille de rhum et mon hamac. Voilà tout ce dont a quoi j’aspirais. J’ai signalé ma présence à la frangine qui était de garde et je fonçais directement à la cale, abandonnant ma cape et mon chapeau dès que je passais devant mon couchage.

J’ai fait attention à ne pas faire de bruit quand même. Inutile de réveiller les filles qui pionçaient dans leur hamac. Leur ronflement résonnaient autours de moi, et je me surpris a sourire. Il m’a fallu du temps. Combien de temps s’est-il écoulé avant que je ne mette a considérer mon boulot autrement que comme un moyen de me faire du fric ? Depuis combien de temps je me suis laissé toucher, attendrir ? Elles comptent. L’équipage est devenu ma famille, mon cocon. Le seul endroit où je me sente à l’aise, à ma place. Acceptée. C’est sur ses pensées que je suis mise à la recherche d’une bouteille et une fois en main, je regardais une nouvelle fois les hamacs ballonnés…

Surprise. Stupeur. Inquiétude.

Là ou devrait se touver Kaz, je ne vois qu'un morceau de tissus vide, flasque. Je regardais autours de moi, la bouteille à la main. Mon regard se porta vers l’épais rideau qui séparait le dortoir des filles à l’entrepôt, là où logeait cette enflure d’Ilhann.

Colère. Ressentiment. Dégout.

Je hais cet homme. C’est le maitre de l’équipage qui a blessé l’Asticot, qui nous l’a rendu à l’état de déchet humain. Sans m’en rendre compte, sur la pointe des pieds, j’avançais. Ma main viens caresser le tissus, lentement… j’entrouvris le rideau et risquais un œil de l’autre côté.

Mon cœur rata un battement …

Fureur. Rage. Folie.

La haine suintait par tous les pores de ma peau. Kaz était au sol, au pied de ce fils de krait.

Il a abusé d’elle ! Je le sais. Je le crois. Il ne peut s’agir d’autre chose.

C’est un homme mort !

Dans un sifflement de rage, je me propulse vers lui, bouteille levée. La colère guide mes pas. Mon instinct, mes gestes.

Un grondement chatouille ma gorge.

Connard!!!


Dernière édition par Hazia le Dim 19 Mai - 11:56, édité 1 fois
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Kaz Hamm
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Dim 19 Mai - 11:18

Relaxant. C'était le seul mot qui me venait.

Assise sur une caisse en bois mais étrangement moelleuse, les pieds pendant dans le vide, je laissais mon regard survoler une étendue de fleurs colorées. Aucune ne semblait avoir de corps tangible et c'est là ce qui m'apaisait. Pas de vent. Rien que le mouvement de mes pieds tapotant la caisse sur laquelle je siégeais, surplombant ce champs d'illusions, dans le silence le plus complet.

J'avais conscience de rêver. Sitôt que ma pensée décidait de la naissance d'une nouvelle fleur, celle-ci apparaissait, portant sur ses pétales une nouvelle couleur issue de mon envie.

Je songeais à un Moa et il se dessinait également sous mes yeux. Je lui refusais tout mouvement, savourant le pouvoir que je possédais ici sur mes créations. Il se colorait alors, figé sur ses tiges, au gré de mon inspiration, pauvre illusion inanimée parmi les illusions.

Un rêve. Un simple rêve dont j'espérais profiter encore un moment.

Mon sourire tranquille se crispa lorsque le décor sembla bouger sans ma permission. Je grognais, menaçante, dardant sur mes illusions un regard contrarié. Le Moa osa tanguer. Foutu piaf ! Un autre grognement le fit exploser. J'espérais qu'il servirait d'exemple aux fleurs en présence. De quel droit...

« BOUM »

Ma pensée ne progressa pas plus, brutalement interrompue par une rencontre avec le sol de la cale du navire. Je ne l'identifiais pas ainsi, sur l'instant, la tête trop douloureuse, les sens embrumés, les cheveux dans le sens inverse de la logique et les yeux clos mais brûlants sous mes paupières.

Foutredieu.

Je grognais, tentant de reprendre mes esprits, n'émettant en réalité qu'un pathétique bruit de gorge. Oh bon sang. Il fallait que quelqu'un chasse l'imbécile qui me tirait les cheveux de l'intérieur, planqué sous mon crâne comme un fourbe. Et où était passé la chaleur ?! J'essayais de me relever, j'ordonnais mentalement à mon corps d'obéir, les yeux toujours fermés, le bide me remontant par la gorge. Mes bras s'agitèrent, je crois bien. C'est tout ce que j'obtins. L'imbécile qui tapait maintenant sous mon crâne – le fourbe !- empêchait mon corps de comprendre mes ordres. Il produisait un boucan tel que c'en était douloureux.

J'inspirais profondément, prenais conscience du truc dur sous ma joue droite. Comme... un sol.

J'ouvrais doucement les yeux, méfiante, mais l'autre en profitait alors pour tambouriner derrière mes globes oculaires.

Oh bordel... Soit j'ai vraiment un malade dans mon crâne qui tente de pousser mes yeux hors de leurs orbites, soit...

Soit...

Un flash. « MANGEZ MOI ».

Des lettres dessinées sur un torse. Une bouteille de rhum.

Dites moi que je n'ai pas fais ça.

Je jurais. A haute voix. Cela sonnait comme une plainte pathétique. « Bordel. »

J'avais toujours foutrement mal au crâne mais -sans pouvoir me l'expliquer- j'étais parvenue à me redresser, suffisamment du moins pour pouvoir faire un tour d'horizon. J'identifiais d'abord les lieux, presque soulagée d'être toujours à bord de l'Orpheline.

Soulagement de courte durée. Dans un flou artistique, je reconnaissais une silhouette. Le Coriace.

Dites moi que je n'ai pas fais ça. Je ne boirais plus jamais de rhum...

Je fais le point. La brume s'écarte, j'ai bien conscience de le fixer bêtement. Le truc chaud... c'était lui. Plus qu'envie de mourir, je sens comme une envie de rire monter en moi. Mes lèvres tressautent. Le mec dans ma tête n'a pas cessé de taper mais je crois que je m'en fous.

Je n'entends même pas le grondement du Doc'. Je ne capte rien à ce qu'il se passe. J'ai bloqué.
Je viens de réaliser que j'ai écris « Mangez-moi » sur le Capitaine Orwel. Il était ivre mort. Moi aussi.

L'information me semble tellement ridicule et insensée que j'éclate de rire sans même pouvoir me contrôler.
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Sophia Stanyr
"La Renarde"
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Lun 20 Mai - 10:23

Haa … La douceur enivrante de ce sentiment de puissance que l’on ressent quand l’on est la seule à avoir l’esprit clair … Je réfléchissais un instant, me demandant comment on en avait pu arriver là … Je discutais avec le prisonnier, tandis qu’il descendait inlassablement bouteilles après bouteilles …

Puis l’Asticot s’est pointé. Elle était vachement de bonne humeur, la frangine … un peu trop … Je crois qu’elle était déjà ronde avant même de descendre … Pour sûr ouais.

<< Arrête, il est sympa au fond quand on l’connait bien >> Qu’elle m’a dit … Ou un truc du genre. J’ai tiré une drôle de tête, je crois. Ils ont ensuite fait équipe, comme deux vieux camarades pour me charrier … Comme quoi que j’étais une grognasse … Soit disant que je gâchais la fête en ne buvant pas …

Ilhann s’est montré bien plus bavard … mais il avait du mal à trouver ses mots, c’était hilarant, et j’avais du mal à ne pas me tordre de rire devant lui … Voilà qu’il se met à me raconter sa vie sur son navire … Comme quoi qu’un jour, ils avaient du saucissonner un matelot sur le mat car il ne buvait pas … Je songeais à la dernière fois où j’avais été attachée au mat, par les frangines … Si un jour ça devait arriver, j’pense que je boirais illico …

Enfin … Les choses ont pris vraiment une tournure intéressante, quand il n’y avait plus de bouteille … Je suivais le regard avide du Capitaine sur la bouteille à moitié vide de l’Asticot … Il la regardait comme si le pauvre voyait une femme après 20 ans passé en réclusion … J’ai eu peur qu’il se jette dessus pendant l’espace d’un instant … L’Asticot à su négocier …

Elle a sorti une sorte de bâtonnet bourré d’ancre … Pendant que le capitaine descendait la bouteille de l’Asticot et ouvrait son manteau …. Alors là, s’en était trop … Je me disais que je devrais peut être intervenir … Nan, pas encore … J’ai bien le droit de m’amuser moi aussi, de temps en temps, non ?

Je me calais sur mon hamac, pour avoir une meilleure vue … L’asticot frappait encore et encore de son arme…

Un M … un A … un N… et le capitaine qui glougloute, heureux … Si j’avais su, je crois que j’aurais invité l’Armada et mes sœurs dans un coin, et que le rhum aurait coulé à flot … On aurait évité toutes ces embrouilles ….

Un G… Un E… Un Z … Je regardais le carnage, amusée … Me disant que l’Asticot avait probablement faim …

Un M… Un O…. Un I … En fait, l’Asticot n’avait peut-être pas si faim que ça … Mais il semble qu’elle trouve le captif fort à son goût …

Je riais à nouveau quand je voyais le capitaine se pencher bien plus que nécessaire pour lire l’inscription sur sa poitrine, manquant de tomber … Plus de Rhum ! Il s’approche de moi, avec l’arme du crime qu'il avait chipé à Kaz … Me demande un bout d’armure … Je le repousse du pied, sans violence, j’aimerais éviter de le tuer… Une pichenette aurait pu l’assommer dans cet état là ….

Voila qu’il s’écroule contre une poutre et vient s’y adosser … Reprenant sa position de prisonnier habituelle, comme si il avait acquis un vieux réflexe … Et puis l’Asticot qui le rejoint et qui va se blottir dans ses bras … Et lui qui l’enlace comme un père enlacerait sa fille … Je ris un peu moins, me disant que l’équipage serait un peu sur le cul en apprenant ça … Je les fixes un instant … Ils roupillent déjà …

Je prends l’asticot avec douceur, et viens la caler dans un hamac, la couvre d’un drap et vient lui déposer un baiser sur la joue … je me demande pourquoi j’aime autant cette gamine, elle n’a jamais rien fait pour le mériter pourtant … Peut-être car j’ai l’impression de me voir quelques années plus tôt en la regardant …

Je me retourne, souriante vers l’épave derrière moi. Je crois que je vais marquer le coup … On verra bien qui sera grognon à la fin. Il est tard … Tant pis, je dégote l’adresse d’un peintre … je reviens une bonne demi-heure après, le vieil homme tremblotant en voyant que je le pousse vers le navire ... Je le paie en avance, le triple de son salaire pour qu’il se détende … une bonne initiative. Il s’installe dans la cale, sans se plaindre des ballotements que causent les vagues … Une belle œuvre.

Je place le capitaine dans une autre position, plus embarrassante … Front sur le bois, fesses en l’air, Seconde session de rire pour moi, même le peintre s’y est mis. Voilà que je me retrouve avec quelques peintures … que dis-je, des œuvres d’arts ! Je pourrais surement les lui vendre à un bon prix, fier comme il est … Je n’ai pas vraiment besoin d’argent, mais j’aime bien titiller son égo, je suis curieuse de voir ce qu’il cache derrière ses sourires narquois et son attitude désintéressée …

Je remercie le peintre, lui laissant les dessins pour qu’il m’en fasse des copies… Puis je retourne dans mon hamac, ne pouvant m’empêcher de rire, encore et encore … jusqu’à m’endormir ….

<< BOUM >>

J’entrouvre un œil … pour me rendre compte que L’asticot est revenu se blottir contre Ilhann … pour sûr qu’elle devait le trouver appétissant … Je la vois se redresser… la tête qu’elle fait en voyant son œuvre … la tête du capitaine … et tombe de mon hamac, donnant des coups de poing sur le bois, tant je me tords de rire… Bordel … Je risque de me faire dessus s’ils en remettent une couche.

Je vois la Doc débarquer, puis essaie de me redresser tant bien que mal, pour l’intercepter … Impossible … je n’arrive pas à arrêter de rire … Tant pis.

<< Attends, Doc !>>

C’est tout ce que j’ai pu dire entre deux souffles
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Ilhann Orwel

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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Lun 20 Mai - 17:23

Je ne percevais rien de ce qui pouvait bien se passer dans mon dos. Penché au dessus d’une caisse, un vieux morceau de tissus que je venais de récupérer dans une main, je frottais ma poitrine d’un geste lent et absorbé. Je ruminais.

Gast ! Mais quel idiot… Crétin…

Mon adversaire me tenait tête... Rien d’anormal, à la vue de la passion que j’employais pour en venir à bout. C’est à peine si je réussissais à effacer une lettre sur trois, étalant par endroit l’encre qui se mêlait à ma peau rougie. Un regard de biais. La p’tiote qui venait de se redresser entrait de nouveau dans mon champ de vision. Elle n’était visiblement pas dans un plus bel état que moi à en juger par ses paupières qui refusaient de se coordonner, et par le mouvement incertain qui faisait onduler son corps. Elle me fixait, absente, un air de Dolyak particulièrement abruti dans le regard.

La situation m’arracha un sourire blafard, une once, malgré la frustration qui me rongeait les entrailles. Au fond de moi, j’avais un brin d’admiration pour cette petite : Trop innocente pour se muer parfaitement parmi les canailles, trop canaille pour se prétendre innocente. Le souvenir de notre première rencontre au Quaggan flotta un instant dans mon esprit encore vaporeux, et je secouai lentement le visage, comme pour réprimer le manque de vigilance dont nous avions tous fait preuve à son égard. Le manque de vigilance… qui m’avait tout droit expédié ici.

Je fronçai les sourcils.

Refoulant un semblant de colère, je décidai de reprendre mon affaire, alors que la p’tiote entrait cette fois dans un profond fou rire qui vint me vriller les tympans.

Je grognai.

Mais ferme-la…

J’eus l’impression que dix boute-en-train s’étaient mêlés de concert pour me noyer sous une symphonie discordante. Elle ne s’arrêtait pas, la garce, où peut-être était-ce mon crâne qui avait absorbé son fou rire pour le diffuser à puissance dix dans la cage de mon esprit. Je me redressai, jetai devant moi mon morceau de tissu, et amorçai un mouvement pour aller la faire taire…



BÂÂÂÂMMM !

Je ne l’avais pas vue, ni même entendue venir.

J’eus l’impression soudaine que ma tête implosait. Sans que je ne puisse ordonner quoi que ce soit à mon corps, je m’affalais à genoux contre la caisse, à moitié sonné, une nuée de frelons et autres insectes bourdonnant affluant entre mes oreilles.

Par les couilles de Zaï…

Je n’eus pas le temps de réaliser ce qui m’arrivait que… BÂÂM !

Un autre. Mêlé à ce que j’identifiais être un cri de rage.

La fureur. Je la senti me parcourir comme un long frisson, s’inscrire dans ma gorge dans un râle guttural. J’inspirai profondément et, tâchant de négliger la douleur qui me triturait les neurones, je fis volte face pour identifier mon assaillant.

Encore cette foutue bonne femme… !

J’eus tout juste le temps de percevoir la Doc’ que j’encaissais un nouvel assaut, sa bouteille venant s’écraser dans mon avant bras – parade fortuite -. Je la foudroyai du regard.

Un malaise. Ma vision tanguait.

Son visage m’apparu toutefois, le regard étincelant, animé par les feux d’une haine que je pouvais ressentir sans grande difficulté. Elle m’arracha un rire étouffé – mauvais – et sans retenue, je me délectai de la voir ainsi me scruter comme une lionne prête à bondir.

Magnifique…

Un amusement malsain se mêla rapidement à ma colère, et je pris plaisir à la voir s’abandonner, ses bras chétifs tremblant d’une rage qu’elle parvenait à peine à maîtriser. Dans ma torpeur, je ne saisissais pas encore la raison qui l’enflammait… mais je ne m’en souciais pas. Ca m’était égal. Elle me divertissait.

Le brouillard s’était entièrement levé… mais ce foutu mal de crâne me tapait sur le système.
J’avisai rapidement l’arme que la Doc’ brandissait au bout de son bras : Une bouteille de rhum. Quelle ironie ! Derrière elle, la p’tiote se trouvait toujours au sol. Elle ne riait plus, je crois. Tant mieux. L’atmosphère était explosive, et seule la respiration haletante de mon assaillante venait perturber le lourd silence qui plombait l’ambiance.

Sans adresser un mot, je provoquais la Doc’ d’un regard. Prêt à parer à sa nouvelle attaque, je l’invitai à mener cette danse…
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Hazia
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Lun 20 Mai - 20:35

Danse avec moi.

Comme le raclement d’un ongle sous ma boite crânienne. Un chuchotement diffus qui résonne. Un écho qui chante sans fin.

Danse avec moi.

Un éclat de rire dément. Une obsession. Un chant qui enserre, t’étouffe.

Il a rit... Je l’ai regardé un instant sans le voir. Son rire a réveillé quelque chose en moi. Comme un éclat de verre qui a fusé de nulle part et entaillé ma tempe. Je me suis souvenue. Ce n’était plus lui que je regardais, ce n’était pas le même homme... Mais son rire m'en a rappelé un autre, aussi malsain. Je me suis souvenue de mes faibles gémissements de douleurs, du craquement du cuir lorsque je tirais sur mes liens, des grognements en rythmes, des bruits diffus et humides et des hurlements rauques de plaisir. Pendant une seconde, c’est ma frangine que je vis…

Intolérable. Le souffle rauque, le cœur battant, je l’observais alors me défier du regard, narquois, glorieux dans son assurance...

Danse avec moi.

Mon cœur rata un battement... pour reprendre de plus belle, a un rythme plus effréné.

J’ai compris qu’elle était cette voix qui psalmodiait sans cesse cette litanie. Ce murmure sous mon crane... Je lui ai répondus de tout mon âme, l’ai prise en moi et l’ai laissée prendre possession de mon être. La complice de la Haine… la Folie.

Je n’ai jamais su vraiment me battre, mais qu’importe. Il devait mourir pour avoir touché à Kaz... Me propulsant en avant, j’ai essayé de lui abattre ma satanée bouteille dans la tête... Je ne l’ai pas touché… je me suis élancée encore, hurlant, la gorge en feu… encore et encore… Je m’en moquais, je n’ai pas réfléchit.

IL a esquivé lorsque j’ai bondis pour lui mettre mon pied dans la face. Il a glissé sur le côté lorsque j’abattais ma bouteille sur le haut du crâne, espérant lui fracasser. Il n’a pas bougé quand la bouteille s’est brisée au sol. Non, là il n’a pas bougé.

Il me regardait, son éternel sourire aux lèvres. Je haletais, furieuse contre lui, furieuse contre moi. J’ai compris qu'on était pas du même niveau...

Un nouvel éclat de rire a emporter ma dernière lueur de conscience.

La bouteille brisée en main, je me suis élancée sur lui. A nouveau. La rage avait tout balayée… ma raison, ma fatigue, ma peur… Je lui ai balancer ma bouteille a la gueule et ai porté ma main sur le pommeau de ma dague.... Je ne l’ai pas vu se mouvoir…


Dernière édition par Hazia le Jeu 23 Mai - 16:04, édité 1 fois
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Kaz Hamm
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Mar 21 Mai - 11:17

Mon rire s'était bloqué au fond de ma gorge. Brusquement. Aussi soudainement que la Doc' s'était jetée sur Le Coriace. J'entendais à nouveau le fêlé dans mon crâne qui tapait, profitant de mon hébétement pour m’assommer - me torturer- avec plus d'ardeur encore qu'auparavant.

La stupeur me paralysa quelques longues secondes. Je crois bien avoir oublié de respirer pendant tout ce temps, les yeux écarquillés et la tête terriblement douloureuse.

Tout semblait s'être mis sur pause. La Doc' avec sa bouteille de rhum dans la main, brandie comme une arme. Ilhann Orwel, la victime d'une fureur qui me dépassait, et son expression défiante, familière désormais. Il affichait un aplomb qui ne cessait de me fasciner, celui que seul un esprit fort parvient à regagner en toutes circonstances. C'est cette expression là qui me motivait, celle-ci qui appelait en moi l'envie de jouer, de lui tordre l'esprit, de relever le défi avec ardeur en espérant ne jamais gagner.

Bon sang, qu'est-ce qu'il se passe...?

La stupeur s'évapora pour laisser place à l'inquiétude. Je réalisais enfin, difficilement, que Doc' attaquait Le Coriace, sous mes yeux, dans un état de rage si grand que j'eus peur pour elle et peur d'elle à la fois.

Secoue toi, Kaz... secoue toi... bordel...

J'articulais un "Doc ! Qu'est-ce... qu'est-ce que tu fous ?".

Cela sonnait plus comme une plainte qu'autre chose, mais j'avais si mal à la tête...! Il fallait que quelqu'un arrête ça ! Le tambourinement sous mes cheveux, La Doc', Le Coriace, le mouvement de cette foutue cale et le désordre dans mes pensées ! Il fallait que quelqu'un arrête ça ! Mon regard chercha ce quelqu'un, assombrit par la colère que je ressentais à voir des choses sans aucun sens m'échapper, balayés par la confusion d'une gueule de bois.

Lyra.

Je bafouillais. "La renarde... arrête ça..."

S'il te plait.
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Ilhann Orwel

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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Jeu 23 Mai - 18:37

Sublime.

Je la toisais, ignorant désormais le martellement qui retentissait dans mon crâne. Il n’avait de cesse d’essayer de me torturer, mais ne parvenait qu’à attiser le feu que je laissais me consumer sans aucune relâche. Face à moi, le regard meurtrier de ma cavalière animait mon cœur d’une excitation que je sentais croître à mesure qu’elle me fusillait. Une expression splendide que j’aurais cent fois immortalisée, si cela m’avait été permis.

Je perçu sans difficulté l’éclair qui vrilla au fond de ses pupilles, la haine qui empourpra son visage, et la peur qui fit frémir son bras – un instant si infime qu’il me rempli de la profonde satisfaction de l’avoir ainsi pris sur le fait -. Dans le silence, les coups dans ma poitrine se mêlèrent à sa respiration haletante…

Douce musique qui rythmait cette muette confrontation.

La belle reprit la cadence, splendide et violente. Elle s’élança vers moi, sa bouteille en main, pour m’assaillir de nouveau. Je l’évitai sans grande difficulté tant elle semblait inexpérimentée… ou trop aveuglée pour se contrôler. Aussi, son râle de mécontentement se mua rapidement en un hurlement de rage qui remonta comme un courant froid le long de mon échine.

Je savourais cette victoire que je remportais sur elle.

J’étais la source du trouble qui la métamorphosait, qui la rendait presque… animale. J’obnubilais ses pensées, ses désirs. Elle n’en avait probablement pas conscience, mais je la possédais, elle répondant à mes mouvements dans une parfaite synchronisation, s’enflammant un peu plus à chacun de mes sourires de provocation.

Un fracas.

La bouteille venait de se briser sur le sol. Je riais. Je l’encourageais, encore, et encore. Dans un mouvement agile que j’effectuai pour me dérober, je perçu Kaz toujours agenouillée sur le sol. Elle avait troqué son rire contre un profond mutisme, bafouillant quelques mots que l’agitation dans mon esprit m’empêchait de saisir. Je m’y risquais toutefois.

L’inquiétude, et la peur…

Une caresse glacée, sur ma joue.

La surprise.

Je fus frappé par la conscience. Je n’avais pas vu le projectile arriver sur moi. Bien heureusement, il alla tout droit s’écraser dans un éclat au dessus de mon épaule. Je portai néanmoins une main à mon visage – une brûlure, un sillon – et esquissai un large sourire.

Enfin…

Elle m’avait touché. Effleuré.

J’observai mes doigts tâchés de sang. Le verre avait fusé et entaillé ma joue dans son sillage.

Enfin…

Je perçu ce geste comme une invitation, et me campai sur mes appuis, face à elle, un bras en avant pour accueillir sa prochaine charge. Deviendrait-elle… dangereuse ? Je voulais savoir. Je brûlais de l’envie de connaître ses limites. Jusqu’où irait-elle ? Et… pourquoi ? Au fond, elle me troublait. Moi-même, je ne savais pas. Je me laissais guider par l’appétit vorace qui me tiraillait le ventre, par ce désir de victoire qui me submergeait. Etait-elle la proie que mon âme appelait pour essuyer les affronts de ses sœurs ? Mon martyr ? Je n’éprouvais pas particulièrement le désir de la blesser – celui-ci me paressant bien piètre à côté de la satisfaction de la mener en déroute – mais je sentais ce besoin percer quelque part en moi. Mes pensées se troublèrent, mes yeux se voilèrent, et j’eus soudain une vision. Dans une subtile confusion de mes sens, elle m’apparu abattant le fouet dans mon dos, refermant le coffre au dessus de ma tête, serrant les chaînes à mes poignets… Tout le poids de l’humiliation dont j’avais été l’objet s’abattit sur ses épaules.

Mon crâne me torturait encore. Je ne souriais plus.

J’étais prêt à franchir la frontière qui séparait le jeu, et l’enjeu. Je la toisai désormais, plus féroce, tandis que j’ouvrais mon âme à ce désir de violence qu’elle venait de faire naître en moi.

Elle s’élança, de nouveau, une main portée vers sa dague.

Avec plaisir… Pensais-je alors que, sans aucune hésitation, je fondai sur elle pour la devancer. Ma main se referma sur la sienne sans retenue autour du pommeau qu’elle levait vers moi, et je serrai…

Tu ne sais pas à quoi tu joues… Lui susurrai-je dans un souffle alors que je me dressais devant elle, plantant avec ardeur mon regard dans le sien.

Je serrai encore et amorçai un mouvement pour attraper son autre poignet. Je la voulais soumise, et à ma merci… Quelques instants plus tard, la dague rencontrait le plancher dans un bruit métallique.

Réfléchis bien à ce que tu comptes faire… Surenchérissai-je.

J’avançais, grisé par le sentiment de la contrôler, pour la faire reculer et l’isoler. Pourtant, dans mon assurance, ou peut-être dans le trouble de cette gueule de bois qui encourageait ma brutalité… Il y avait un détail que j’avais oublié...

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Sophia Stanyr
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Ven 24 Mai - 10:23

(Fail, à supprimer ...)


Dernière édition par Lyra Stanyr le Ven 24 Mai - 17:27, édité 2 fois
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Hazia
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Ven 24 Mai - 16:03

Mon poignard tinta sur le sol.

Je n’avais rien compris. La folie avait tout emportée... mon sang froid, ma capacité de réflexion… Je n’avais rien compris... même quand ma tête heurta son torse, décoré de lettres que je ne pris pas le temps de déchiffrer…

Ses chuchotements a mon oreille n'étaient qu'un écho lointain. Je ne voyais que son regard, dévorant le mien, à la recherche de je-ne-sais-quoi. Je me suis retrouvée face a un prédateur...

Ma haine se mêlait à la panique… Le souffle court, je me débattais contre sa poigne, ruait, le couvrant d'injures joliment fleuries, tandis qu’il me faisait reculer, pas après pas, vers le fond obscure de la cale.

Il planta son regard dans le mien, superbe, tandis qu’une poutre en bois frôlait mon dos. J’ai eu envie de pleurer.
Ne pourrais-je donc pas le buter pour lui faire payer ce qu’il avait fait a Kaz ? Et puis bordel, pourquoi me regarde t’il avec jubilation comme ça ?

Il m’obsédait. Son sourire vindicatif allumait en moi un brasier de fureur. Je voulais lui planter mes ongles dans les yeux, bouffer son cœur encore palpitant.
Je le voulais pour moi... je le voulais mort.

Je perdais pied, et je détestais cela. Ma conscience me força alors à admettre une vérité. Et celle-ci pris les couleurs chatoyantes de l’espoir.

Je ne suis pas une combattante de mêlée... mais je suis...


Un sourire glorieux aux lèvres, j'entrouvris la bouche et murmura trois mots. Juste trois.
Tandis que mes bras noircissaient, pourrissaient, je me forçais à maitriser l’excitation qui me labourais le ventre. Je cambrais des reins lorsque le sort déferlât en moi.


Creve…


Mes avants bras se couvraient de cloques, prêtes a exploser en une gerbe d'insectes... Non, je n'abandonnerais pas...
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Sophia Stanyr
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Ven 24 Mai - 17:53

J’ai mis bien trop longtemps à réagir. J’étais loin, bien loin de me douter de la tournure que prendraient les choses. Mon rire devint amer lorsque je vis la rage qui animait la doc, il se bloqua lorsque je vis son arme de fortune se lever.

Je n’ai pas attendu qu’elle l’abatte pour ordonner à mes bras de pousser contre le bois afin de relever mon corps. Lente. Trop lente. Fichu corps de femme … Faible. Trop faible. J’avais l’impression que mon armure luttait contre moi, elle n’avait jamais été aussi lourde.

Je me tenais sur un pied, réfléchissant à toute vitesse, entamant la courte distance qui me séparait du combat. Courte, pourtant si longue, marmonnant ...

<< Doc ... >>

Je progressais d’un premier pas. De la rage, aucun contrôle. Un coup de pied manqué, exposant pleinement la Doc, je serais les poings, cette idiote venait de s’offrir à Ilhann … Mais il se contentait de rire … il jouait.

Un second pas. Toujours plus de haine, elle porta un coup de débutant, j’espérais qu’elle ne se blesserait pas elle-même, l'espace d’un instant. Le fourbe semblait se délecter d’attiser ainsi la haine de ma sœur …

Un troisième pas, un murmure sur ma droite … << La renarde … >>Pas le temps d’y prêter attention … L’entaille sur la joue d’Ilhann. Son regard se muant en celui d’un prédateur, perdant soudainement tout amusement.

Ce moment d’hésitation de Doc. Ce moment où l’on se rend compte à quel point on s’accroche à la vie … Ce moment où on comprend qu’on a perdu. Ce moment où l’on recule d’un pas en arrière, par instinct de survie. Un autre pas, tandis que Doc sombrait peu à peu, l’attaqué devenant l’attaquant, l’attaquante devenant la proie.

Et son expression… Enfin. Elle avait réussi. Je ne vois plus un masque, sur le visage d’Orwel, mais de la sincérité. Je ne vois plus un mensonge dans ses yeux, mais la vérité. Je n'y vois plus cette attitude moqueuse et désintéressée, mais la peine et la rancœur d'un homme dont l'égo et l'honneur ont été bafoué. J'y vois une promesse de vengeance indécise. Le masque est tombé.

Attendait-il la prochaine action d'Hazia pour se décider ? une promesse de vengeance ? Hors de question que je le laisse se mettre en tête que Doc serait une proie idéale. Je n'avais pas l'intention de frapper, mais à présent il fallait marquer le coup. Hors de question que je le laisse se faire la main sur l’une de mes sœurs.

Un autre pas, j'analysais mes options. Quoi que je fasse, mon action ne devait pas mettre l'assaillant à la merci de Doc.

L'assaillant. Si sûr de lui. Plus qu'un pas. Il ne m'a pas vu venir, trop occupé à savourer sa pseudo-domination. Si présomptueux.

Si présomptueux. Comment pouvait-il ainsi ignorer ma présence ? Se sentait-il à ce point supérieur et maitre de la situation ? Considérait-il dans son orgueil qu’il était une sorte de mâle dominant, ne souffrant d’aucun rival ?

Je devais marquer le coup. Un souffle. Un bond. Un appui solide. Ma jambe se tendait alors que mes hanches pivotaient, frappant sèchement l’arrière de son genou. Un coup sec, impitoyable, contrôlé. Je n’attendis pas que son genou touche le sol pour poursuivre. Profitant de mon élan, je libérais Doc d’un coup d’épaule, alors que ma main accompagnait le visage d’Ilhann dans sa demi-chute, se saisissant de sa chevelure pour tirer sa tête en arrière et le forcer à contempler, laissant glisser l’extrémité griffu de mon pouce ganté dans la plaie qui ornait sa joue, d’un geste exprimant une froideur primale, précis et rapide afin qu’il me prenne bien au sérieux.

Spoiler:
 
Le forcer à contempler. Un bref instant. Une fraction de seconde. Le forcer à comprendre le message similaire à deux poignards teinté d’émeraude que mes yeux cherchaient à lui enfoncer dans le crane. J’étais certaine qu’il comprenait. Mes yeux le mettaient en garde. Un conseil. Une leçon. Une menace. Je voulais lui faire comprendre que ces paroles muettes n’étaient pas des paroles en l’air.

En l’air. L’air que ma main libre gantée fendait, grande ouverte, pour finir par s’écraser sur sa joue. J’avais décidé de frapper son égo. Une gifle.

Cette gifle était de trop. J’allais le payer, mais il fallait punir le regard avide qu’il avait osé porter sur Haz. Il fallait qu’il concentre sa rage et sa haine sur moi. Il le fallait.
J’esquissais alors un bref sourire, aussi bref qu’un clignement, comme pour lui signifier que je posais sur lui ma domination, pour lui rappeler à quel point il n’avait pas le contrôle. Pour lui faire comprendre que c’était moi qui.
Ce sourire était de trop. J’allais le payer, mais il était bien plus vindicatif à mon sens que la claque, car ce sourire était une fronde destinée à son amour propre.

Je poussais plus loin la dague du pied, ayant frappé suffisamment fort à mon sens pour le faire basculer, puis reculait d’un petit bond assez vif, reprenant une expression parfaitement neutre, tachant de contrôler les battements de mon cœur, et d’ignorer les remords qui m’assaillaient.

Les remords. Frapper un homme sans défense, sans qu’il ne l’ait mérité. Je n’avais pas le choix, cet homme devait me haïr, sa nature était dangereuse. C’était une question de vie ou de mort. Je jouais à son propre jeu. Et je gagnais. Il semblerait que je sois plus douée que lui lorsqu’il s’agit de porter un masque. Je me rassurais ; Non, je n’étais pas comme lui, je ne faisais pas ça par amusement, mais bien pour mes proches.

Je tendais un bras sur le côté, tandis que mon autre main se posait sur la garde de mon épée, annonçant au capitaine Orwell une punition sanglante si jamais il osait contre-attaquer.

<< Doc, sa suffit … Calme toi. >>
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Hazia
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MessageSujet: Re: "MANGEZ MOI" [ouvert]   Jeu 6 Juin - 10:47

Le coup d’épaule de la renarde me propulsa sur le côté… enivrée par la magie qui battait mes tempes, je ne l’avais pas vue arriver.

Jurant comme une poissonnière, je sentis mon sort éclater tel un miroir jeté au sol. Voilà pourquoi je n’aime pas me confronter a ceux qui combattent au corps à corps. Un coup bien placé, et PAF ! Une concentration qui déraille et un sort qui s'évanouit de sitôt.

« Calme toi » qu’elle m’a dit… Je sentis mes joues s’enflammer sous la honte et la rage.

J’inspirais profondément, reprenant le contrôle de mon être. La sorcière en moi hurlait de rage et dégout tandis que le médecin reprenait le dessus. J’aurais aimé la laisser chanter et danser à sa guise. Le pouvoir est comme le sang… enivrant.

Mes bras reprenaient peu à peu leur apparence habituelle. Je reculais de deux pas pour mieux voir l’homme qui attisait ma haine. Une marque rouge sur sa joue… cela allait il être sa seule punition ?

Un grondement montât à nouveau dans ma gorge, mes lèvres s’entrouvrirent pour laisser échapper ce qui, pour moi, n’était que la pure vérité.

Il a abusé de Kaz !


Je posais deux doigts sur mes lèvres, prête a lancer une nouvelle offensive.

Si tu ne veux pas le crever, pousse toi la renarde !

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