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 Le douze

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AuteurMessage
Telajha
"Kaboom"
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Messages : 60
Date d'inscription : 29/03/2013

MessageSujet: Le douze   Lun 13 Mai - 9:40

[HRP] Ouvert à tout ceux pouvant se trouver sur l'Orpheline de nuit, mais aussi à tout ceux ayant envie de rp/étant inspiré par ce texte [/HRP]





Maintenant. Il est l'heure. Debout. Réveilles-toi. Ouvres les yeux.

La femme poussa sur ses bras, se redressant légèrement. Il lui fallut un moment pour se souvenir, pour se rappeler. Qui elle était. Pourquoi elle se trouvait là, dans cette forêt aux pins espacés, calcinés. Le temps lui manquait. Courant, fuyant même. Mais le temps n'était qu'une lointaine idée, qu'un ennemi si vieux et ancestral qu'il en devenait commun. Une menace, qui, pourtant, prenait toute sa mesure ici. Dans ce lieu. Cette forêt. Cette brume, si pesante, si lourde, qui se déversait entre les arbres. Véritable marée, elle emplissait son champ de vision, brouillant ses yeux. En sa présence, l'univers devenait gris, las. Il perdait toute couleur, s'effondrant dans la morosité, dans ce silence hurlant, qui faisait fondre le feu, bouillir la glace. C'était le terrain de chasse idéal. Pour eux.

Debout ! Ils arrivent ! Tu n'as plus le temps ! Dépêches-toi !

La femme se releva d'un bond. Manquant de rouler au sol, elle se rua sur ses affaires. D'un geste rapide, elle enfonça sa couverture dans son sac, avant de boucler son ceinturon. Les pistolets n'avaient aucune utilité ici, elle le savait. Pourtant, elle ne pouvait s'en séparer. Elle avait cru abattre une des bêtes, les nuits précédentes. La balle avait pénétré dans l’œil, elle en était sûre. La bête s'était effondrée au sol. Elle avait agité un instant les jambes, le reste du corps immobile. C'était les nerfs, elle le savait. La bête avait l'apparence d'un loup gigantesque. Debout, son museau lui serait arrivé à l'épaule. Le pelage plus noir que la nuit, ses yeux scintillaient, véritable soleil de feu. Les crocs, eux, étaient démesurés, de la taille d'une main ouverte...

Une telle créature ne pouvait exister, elle le savait. C'était impossible. C'était une créature de cauchemars, comme celle qu'on croisait dans les contes, les légendes. Une horde sauvage, qui ne s'arrêtait jamais, qui ne craignait ni l'acier, ni le feu. Et, comme dans les histoires, elle s'était relevée, grognant. Du sang continuait de couler de son œil. La balle avait atteint le cerveau, elle en était certaine. Pourtant... Pourtant, elle s'était relevée, l'observant de son œil unique, abysse infernal dans un océan de noirceur.

Elle ne savait comment elle avait pu lui échapper. Comment elle avait fui. Elle entendait encore un craquement, celui d'une nuque éclatant sous la pression, d'un crâne volant en morceaux. Pas le sien. Elle était toujours là. Mais alors qui ? Ou quoi ? Les questions naissaient dans sa tête, explosant après l'éternité d'une seconde. Elle ne voulait pas savoir. Non. Pas savoir. Pas savoir pas savoir pas savoir. Surtout pas. Elle le savait, il ne fallait pas y répondre. Surtout pas. Elles ne devaient trouver aucune réponse, ou ce serait la fin. L'ultime fin, qui n'apporterait aucun renouveau.

Remues-toi ! Cours ! Maintenant !

La femme s'élança en avant, alors qu'au même moment, derrière elle, un nuage d'étoile prenait vie dans la brume, apportant l'obscurité. Elle ne pouvait aller bien loin, elle le savait. Les bêtes étaient trop rapides. Elles furent sur elle en un instant, leurs crocs lui broyant les mollets, avant de se refermer sur sa gorge. Ce fut la fin.

Remues-toi ! Cours ! Maintenant !

La femme s'élança en avant, alors qu'au même moment, derrière elle, un nuage d'étoile prenait vie dans la brume, apportant l'obscurité. Courant, elle réussit à s'enfoncer entre les arbres, faisant des brusques écarts par moments. Son pied heurta une racine, et elle s'écrasa au sol, sur le ventre. Elle n’eut pas le temps de hurler. Ce fut la fin.

Remues-toi ! Cours ! Maintenant !

La femme s'élança en avant, alors qu'au même moment, derrière elle, un nuage d'étoile prenait vie dans la brume, apportant l'obscurité. Au lieu de prendre la fuite, elle se jeta sur l'arbre le plus proche. Ses doigts s'accrochèrent aux premières branches, et elle se hissa à la force des poignets. Sans regarder en arrière, elle commença à grimper. Quelque chose agrippa, et elle tomba, à nouveau. Ce fut la fin.

Remues-toi ! Cours ! Maintenant !

La femme s'élança en avant, alors qu'au même moment, derrière elle, un nuage d'étoile prenait vie dans la brume, apportant l'obscurité. Ce fut la fin. Ce fut la fin. Ce fut la fin, encore et encore.

Remues-toi ! Cours ! Maintenant !
Remues-toi ! Cours ! Maintenant !
Remues-toi ! Cours ! Maintenant !
Remues-toi ! Cours ! Maintenant !


Le temps, un instant, se brouilla, se dilatant. Couverte de sueur, les poumons en feu, elle eut tout juste le temps de se jeter au bas du talus. Les pins avaient été remplacer par d'énormes châtaigniers, cette fois. Elle n'y prêta aucune attention. La brume, toujours la brume. Elle s'étendait encore, à perte de vue. Plus haut, elle entendit un bruit de course. Son cœur manqua un battement lorsque les bêtes passèrent en courant, sans la remarquer. Du sang coulait de leurs babines démentes. L'une d'elles se tourna un instant vers elle, mais ne s'arrêta pas. Elle n'avait qu'un œil...

La femme resta un long moment prostré ainsi, recroqueviller au sol. Elle en avait compté onze. Il y en avait toujours habituellement douze. Alors où était-elle ? Elle n'eut pas le temps de réfléchir : de la brume devant elle, onze paires d'étoiles s'allumèrent...

Ce fut la fin.

Telajha se réveilla en sursaut, étouffant de justesse un hurlement. Elle se balançait doucement, dans son hamac. Il faisait nuit, et, sa bouteille avait roulé au sol. Ses sœurs, quant à elles, dormaient toujours. Du moins, c'est l'impression qu'elle avait.

Le plus silencieusement possible, elle se releva. Elle enfila en vitesse ses bottes : elle s'était encore endormie habillée. Le pas faible, hésitant, elle s'engagea dans les coursives, montant sur le pont. Il pleuvait. Cela ne l'étonna pas. Il pleuvait toujours ici. Mais la brume, elle, était de mauvaise augure.

Elle s'approcha du bastingage, y croisant les bras. Ce n'était qu'un rêve. Qu'un rêve qu'elle faisait, chaque nuit. Mais un simple rêve tout de même.

Telajha trembla. Et c'est, bien malgré elle, qu'elle commença à murmurer, rapidement, s'agitant du même coup...

_Douze. Quelque chose avec le douze. Mais quoi ? Jour, mois. Heure ? Douze. Le douzième. La douzième. Mais le douzième quoi ? Peu de temps, pas de temps. Trop vite. Ignorer le visible, le douze. Le douze. La fin. Mais de quoi ? Trouver le douze. Aider le douze. Sauver le douze. Douze ne peut mourir. Pourquoi fin ? Comment ? Le douze ne doit pas chuter. Pas faillir. Le douze le douze le douze...

Oui, ce n'était qu'un rêve. Un simple rêve, sans importance, qui, bientôt, ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Pourtant, lorsqu'elle passa une main dans sa manche, elle y trouva la marque d'une morsure, et du sang séché...
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