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 l'Héritage du Sang (ouvert)

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Hazia
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MessageSujet: l'Héritage du Sang (ouvert)   Lun 6 Mai - 8:35

(Vu que j'ai moins de temps pour rp, je continue sur forum, n’hésitez surtout pas a participer ^.^ Tout le monde est le bienvenu !!)

Le vent se leva.
Assise sur une caisse, un épais grimoire sur les genoux, Doc' attendait. Les yeux rivés sur l'écriture fine de sa page, elle parcourait distraitement les lignes, levant parfois la tête pour observer la vie du port, dans l'espoir qu'une silhouette familière s'approche et vienne lui apporter les nouvelles tant attendues.

Il lui semblait que cela faisait des semaines qu'elle patientait ainsi, bien que la vérité soit tout autre.
Elle avait établie son hamac dans la cale, avec les autres, depuis seulement hier, stockant par delà même divers petits sacs et barils, contenant ses poudres, plantes et poisons de divers sorte. Un ballot minuscule de vêtements et un autre plus conséquent de bandage, fil et autres avaient également rejoint le chargement.

Le marais serait toujours son refuge, mais il lui semblait qu'elle serait plus a sa place sur le navire. Avec toutes ces filles qui s'esquintaient régulièrement, il valait mieux pour elles que leur médecin ne soit pas introuvable. Elle y perdait en liberté, mais y gagnerait en compagnie.

C'est sur ces pensées qu'Hazia regarda le soleil disparaitre à l'horizon. Elle ferma son livre, le posa délicatement a coté d'elle, et se mit en œuvre de fouiller minutieusement dans sa poche à la recherche de sa cigarette "d'herbe personnelle" qu'elle avait roulé il y a peu. Une fois trouvée, Doc' mis bien 5 minutes à dégoter dans ses poches pleines a craquer un briquet en état de fonctionnement.

Alors que le soleil n'était plus qu'une ligne à l'horizon, une épaisse fumée odorante s’éleva dans les airs.
Hazia attendait toujours.


Dernière édition par Hazia le Mer 8 Mai - 15:30, édité 1 fois
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Shadëe
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Lun 6 Mai - 11:39

Je n'allais pas souvent du côté des territoires humains, dans la grande cité du Promontoire où les intrigues de la noblesse se faisaient et se défaisaient sur fond d'ambiance politique et romantique auquel je n'entendais rien. Mais là, j'avais une mission bien particulière, une chasse que je devais engager.

La p'tite Doc était venue me trouver, me scrutant avec ses grands yeux bleus qui arrivait au niveau de ma ceinture, pleine d'espoir et en même temps, l'impression que demander ce service lui écorchait le palais. Ses minuscules mains étaient rejointes tandis qu'elle m'expliquait ce qu'elle voulait, râlant dans sa moustache que la cap'taine l'avait menée en bateau (et c'est le cas de le dire...) lui faisant miroiter un marché dont elle ne voyait pas sa part arriver. Une tape sur la tête, un grognement et l'affaire était entendue. Elle sembla surprise que j'accepte si facilement, mais je me détournais sans plus lui expliquer mes raisons.

J'avais vu ses mains.
Bon dieu... On aurait dit qu'un siècle était passé dessus.
Lors de notre dernière session de beuverie, on avait fini sur le navire et elle m'avait demandée de lui faire un tatouage sur le poignet. C'est en enlevant ses gants que j'avais découvert ce carnage. Et pourquoi ? Complètement ivre, elle avait expliqué... la seule chose qu'il ne fallait pas me raconter. C'est en voulant soigner ce déchet égoïste qu'on avait pris pour l'une de nos soeurs que notre petite Doc avait sacrifié une partie de son âme et de son énergie. Le soin pour la sauver lui avait demandé d'user de la magie du sang (ou d'une quelconque autre technique sombre dont je ne me souviens pas le nom) et c'est en puisant dans sa propre énergie vitale qu'elle avait pu lui insuffler ce qui lui manquait pour revenir parmi nous. Elle gardait en stigmate depuis ce jour ses mains flétris et jaunies, rêches comme une vieille peau tannée.
Si j'avais su, ce jour là, le sacrifice qu'elle faisait, je les aurais suivi dans cette cabine de notre ancien repaire et j'aurais planté ma dague en travers la gorge de cette raclure ingrate.
Il est des gens pour qui l'on donnerait sa vie, il en est d'autres à qui il faut juste l'ôter sans plus d'égard.

Mais ainsi... ce petit bout de femme, je voulais lui rendre la pareille. Elle demandait pas grand chose : juste un type sur qui elle pourrait faire ses expériences. J'me doutais bien qu'il ne s'en sortirait pas, mais il n'avait aucune valeur à mes yeux comparé à elle. Et elle le méritait.

Encapuchonnée, j'ai rejoint donc, demandant aux passants sur la route, le prieuré de Durmand. J'ignorais pourquoi elle voulait l'un de ces types plutôt qu'un autre, mais peu m'importait. Je ne sais pas dans quoi dans ce gars là versaient exactement ; magie, religion ou secte... A mes yeux, ils étaient juste des hommes en robe.

J'attendais deux jours, à l'affût, surveillant les allers et venus, choisissant ma cible avec soin.

C'est à l'aube du troisième jour que je passais à l'attaque. Un homme dont la moitié du visage était couvert d'une barbe blanche épaisse mais qui pourtant ne semblait pas si vieux, une longue toge impeccable et un regard doux. Il était le premier à venir ouvrir le prieuré le matin, et ses confrères ne le rejoignaient qu'une longue demi-heure après. Il ne comprit pas quand j'apparus derrière lui dans l'enceinte, ombre sortie de l'ombre alors que le jour apparaissait à peine. Je ne lui laissais pas le temps de comprendre : un sac de jute sur la tête, un coup sur la nuque et je le chargeais selon ma technique de prédilection, dans une caisse en bois que je faisais emporter par un charretier jusqu'à la cale de l'Orpheline.


J'arrivais sur le port de l'arche à la tombée du jour et je découvrais la petite assise sur une caisse, en train de fumer l'une de ses petites merveilles. Je venais me poser à côté d'elle, m'adossant nonchalamment à une poutre de bois, le regard porté comme elle vers l'océan.
Je lui volais des mains son brûlot pour tirer une longue bouffée dessus. Je soufflais la fumée et dit simplement :

"C'est fait."
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Hazia
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Mar 7 Mai - 8:12

En entendant cette phrase, Hazia se mis à trembler. Une perle vient ruisseler le long de sa joue et s’écraser sur le pont. Serrant des poings, elle reprit le contrôle d’elle-même. Elle ne dit rien. Pas un mot. Pendant quelques secondes, pas un geste, pas un souffle.
Si son cœur sonnait lentement, ses pensées, elles, se bousculaient, apparaissaient pour s'évanouir aussitôt sans qu'elle n'arrive a les cueillir au vol.

Apaisement, espoir, incertitude, doute, angoisse... peur.

Dans un soupir, elle quitta son perchoir. Elle leva les yeux vers les premières étoiles du soir.

Ça ne va pas être beau… que les Six me pardonnent d’avance.


Doc’ se tourna enfin vers Shadee. Son regard parcoura avec inquiétude le corps de sa frangine.

*Elle semble aller bien*

Cette constatation la fait sourire. Elle finit par se pencher, sa main tâtonnant le plancher, à la recherche de la bouteille mise de côté. Bouteille pour fêter le retour de la Cannibale. En silence, elle la déboucha, en prit une bonne gorgée et la tendit a la Norn.

Merci…

Elle se mordillât l’intérieur de la joue et ne cessa que lorsqu’elle sentit un gout cuivré emplir sa gorge.

Quand pourrais-je l’utiliser ?

Hazia essaya de modérer une fois de plus son impatience. Mais le regard qu’elle posa sur la Norn ne faisait aucun doute. Elle brulait d’en finir.
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Shadëe
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Mer 8 Mai - 10:46


Je tirais encore quelques bouffées sur le mégot de la Doc, gardant profondément la fumée, fermant les yeux avant de la recracher, comme si ses effets avaient pu arrêter le temps, tout suspendre autour de nous pour simplement n'avoir qu'à apprécier la douceur du crépuscule qui envahissait peu à peu le port. Les mouettes s'étaient apaisées, les pêcheurs avaient rangé leurs filets, une population nocturne plus silencieuse avait pris la place des badauds de la journée, commerçants et autres touristes de passage, toujours trop bruyants. Le ciel perdait ses nuances de bleu, s'irisant de prune et de bleu intense, couverture de nuit qu'il posait sur notre univers comme pour le faire taire.

Je la sentis se crisper près de moi quelques courtes secondes. Mon regard se baissa furtivement sur son visage et je voyais cette larme unique glisser sur sa joue. Je ne disais rien et ne bougeais pas... qu'aurais je pu dire qui puisse la réconforter de toute manière ? Il fallait qu'elle fasse ce qu'elle avait à faire, percer l'obscurité de ses souvenirs la soulagerait sans doute... ou empirerait les choses. Mais elle avait besoin de se révéler à elle même.

La douce torpeur des herbes que je venais de fumer commençait à envahir mon crâne d'une brume paresseuse et sa voix me parvint d'une réalité lointaine. Je ne prêtais pas attention à la bouteille qu'elle venait de déboucher, je me redressais simplement d'un coup d'épaule sur la poutre et acquiesçais avec un sourire vague :

"Maintenant. Il est à fond de cale, dans une caisse. Le voyage a du être rude pour un type de son âge... Tout dépend dans quel état tu le veux, Doc. On peut encore attendre... ou aller déballer ton paquet tout de suite.
C'est toi qui vois."


Je désigne d'un rapide mouvement de la tête l'Orpheline qui est toujours amarré un peu plus au sud, au port du lion, attendant la décision de la doc.
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Hazia
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Mer 8 Mai - 16:17

Doc’ observa la fumée monter au ciel, profitant de ce qu’elle savait être le calme avant la tempête.
Plongeant la main dans son corsage, elle en sortit un petit sac de ses herbes préférées et se mit à se rouler une autre cigarette, avec l’aisance que confère l’habitude. Puis, elle leva le bras et pris en douceur celui que sa frangine lui avait réquisitionné a son arrivé. Approchant la fraise rougeoyante de son visage, elle s’en servit pour allumer son nouveau cône, et rendit le premier, déjà bien entamé, à sa voisine.

Il m’en faut plus pour que cela fasse effet à présent...


Hazia tira une longue bouffée et ferma les yeux un instant.

Maintenant. Inutile d’être cruelle en le faisant souffrir davantage.


Elle prit cependant le temps de finir son faiseur de rêve, soucieuse de ne pas briser ce moment et d’en explorer toutes les facettes.

Une fois le mégot jeté, elle leva la tete vers Shadee et lui offrit un sourire dur, à la limite du sadisme.

Allons voir si le colis que tu m’a apporté est prêt a parler veux tu ?


En silence, elle se laissa glisser sur la berge, attendis que la Cannibale la rejoigne et poussa la chaloupe a la mer.

Hazia ne pris pas garde au temps qu’elles passèrent a rejoindre l’Orpheline. Elle ne portait aucune attention à ses muscles qui protestaient a force de ramer. L’odeur de l’iode ne lui chatouiller pas les narines et la sueur qui ruisselait dans sa nuque pour être aussitôt gelée par la brise ne la faisait pas frémir. Quand a l’obscurité qui les engloutissaient au fur et a mesure qu’elles s’approchaient de l’Orpheline, elle n’en avait cure.
Son objectif en tête, elle s’abandonnait toute entière à la mise au point de sa prochaine tache.

Ce soir, elle laisserait libre court a sa part sombre. Ce soir, elle laisserait derrière elle Hazia, la petite humaine fière et opiniâtre, elle abandonnerait Doc’, le médecin de bord. Ce soir, elle embrassera la sorcière cachée derrière ces masques. Pour la première fois sur le navire, pour la première fois devant quiconque, c’est la sorcière du marais qui dirigera les opérations, qui se révèlera.
Que les masques tombent, réponse ou pas. Que le supplicié hurle, que les flots deviennent écarlate. Qu’on accepte sa part sombre ou qu’on la maudisse. Qu’importe.
Ce soir, juste ce soir, qu’on la laisse être le monstre que les braves gens fuient et chassent.

Savourant ses pensées, elle n’aperçut qu’au dernier moment l’ombre du bateau qui les surplombait.
Hazia laissa le second attacher correctement la chaloupe, elle-même en étant incapable, puis grimpa à bord, lentement.
Elle observa quelques secondes les filles en train de boire et jouer sur le pont, leur offrit un petit sourire, et se dirigeât vers la cale, le regard sombre, le cœur battant, les mains moites.

Une fois en bas, d'une voix mutine elle demanda:

Alors ? Ou est mon cadeau ?

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Shadëe
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Dim 12 Mai - 11:24

La p'tite avait quelque chose de différent en elle ce soir, son regard vaporeux se perdait dans le vague inconscient du monde qui l'entourait et ce n'était sans doute pas dû qu'aux herbes qu'elle fumait avec délectation. Ses yeux cristallin, irradiés de sillons rouges à cause des effets psychoatifs, ne semblaient plus vraiment voir cette vie qui glissait autour de nous. Je la sentais profondément ailleurs quand elle se dirigea jusqu'à la chaloupe, une aura sombre qui bourdonnait autour d'elle, la coupant et l'isolant dans un univers intérieur.

Je prenais les rames et conduisis la barque jusqu'au lourd navire qui paressait sur les flots plus au sud, et durant toute la traversée, je ne parvenais pas à détacher mes yeux d'Hazia. Peut être ses prunelles croisèrent-elles les miennes à un moment, quand elles ne restaient pas tout simplement rivées sur un point de l'horizon, mais elle ne me voyait pas, son regard était aveugle. L'air se faisait plus dense autour de nous, dans l'obscurité de la nuit qui avait enveloppé les eaux et j'avais presque des difficultés à respirer.

C'est de cette même attitude absente qu'elle grimpa sur le pont de l'Orpheline, salua nos soeurs pour disparaitre rapidement vers les étages inférieurs du bâtiment.
Je m'approchais d'un groupe de quelques unes d'entre elles qui étaient assises sur des caisses, riant ensemble jusqu'à notre arrivée et je posais ma main sur une épaule, me penchant pour leur dire d'une voix contenue :

"La Doc a quelque chose... à faire à la cale. Donnez les consignes, que la vigie ouvre l'oeil, je ne veux pas qu'elle soit interrompue. Et... *je lève un regard préoccupé vers elles toutes et je déglutis, tâchant de réprimer le trouble qui me vrille les tripes* Tenez vous prêtes.... à tout. "

Cette dernière consigne n'avait rien de clair, mais j'avais eu besoin de la donner également.

J'aurais pu tout aussi bien dire : "Venez avec nous, ne la laissez pas seule, montrez lui la force de notre union, qu'elle n'est plus seule comme elle put l'être par le passé... Je suis terrorisée de la voir dans cet état et je ne sais absolument pas ce qu'elle compte faire, là en bas."
Mais, j'étais plutot du genre à faire simple.

"Tenez vous prêtes à tout."
Une invitation silencieuse qu'elles comprendraient à demi mot.

Je disparaissais à mon tour vers la cale et rejoignais la Doc.


Une lourde caisse de bois était posée en plein milieu de la cale. Un léger gémissement s'en échappait par moments, mais ténu, étouffé, presque imperceptible. J'attrapais une tige de métal dont une extrémité était recourbée en griffe et la coinçais dans un interstice du bois. Dans un craquement lugubre, le bois s'ouvrit, le pan vertical qui était devant nous s’écroulant à nos pied en soulevant un lourd nuage de poussières. Pendant quelques secondes, on ne distingua rien à travers le brouillard, puis au fond de la caisse, tapi dans un coin sombre, une silhouette recroquevillée sur elle même se dessina peu à peu. Il dut souffrir quand la lumière, pourtant diffuse, des bougies allumées dans la cale éclaira son univers, car ses yeux se fermèrent brusquement, une main se levant instinctivement devant son visage.
Je n'attendais pas plus, je faisais un pas en avant, un pas de norn, et tendais la main pour saisir le vieux à l'épaule, empoignant solidement le tissu et le bras avant de le tirer de là. Je le sentais pétrifié de terreur sous ma poigne, l'échine courbée, les mains relevées devant lui tremblantes, jetant des oeillades autour de lui, en panique.

Je l'amenais devant Hazia sans douceur et appuyais sur son épaule pour lui faire ployer le genou à terre devant elle, de sorte qu'elle ait quelques centimètres de plus que lui. Je gardais ma main sur son épaule, la lui broyant silencieusement pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune chance de s'enfuir d'ici.

"A toi de jouer, Doc", dis-je simplement en levant les yeux sur elle.
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Hazia
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Mar 14 Mai - 11:35

*Nous y voilà. Enfin... je vais enfin…*

Pendant que Shadee avançait vers la caisse du centre, Hazia balaya la cale des yeux. Sombre, à peine illuminé par quelques bougies. Poussiéreuse aussi. Des caisses de différentes tailles étaient entassée, parfois les unes sur les autres. Des cordes, baluchons, tonneaux et malles n’étaient pas en reste. Son regard vient se poser sur un coffre. Un tambourinement diffus s’en échappait, et elle ne douta pas un instant qu’il était fermé à clé. Elle s’en désintéressât aussitôt que le craquement sourd du bois torturé emplis la pièce.

Il était donc là. L’homme que la Cannibale avait capturé pour elle. Celui qui, peut-être, allait enfin lui permettre d’avancer... Sa première impression fut la surprise. Elle n’imaginait pas quelqu’un de cet âge… Ses yeux s’habituant à l’obscurité, elle révisa son jugement. Bien que possédant une barbe blanche plus que bien fournie, il n’était pas non plus un ancêtre.

Hazia s’avança de quelques pas. S’arrêta. Frappée par son regard doux empreint de terreur, elle eut pitié de lui, un court instant. Secouant la tête, elle se ressaisit et prit le temps de le détailler, alors qu’il était à genoux devant elle, fermement maintenu par la Norn. Doc’ l’observa, comme elle observe ses patients. Elle vit en lui de la crainte, l’incompréhension qu’il éprouvait face cette situation. De la douleur aussi.

C’était parfait.

D’une main douce, la petite humaine lui releva le menton. Plongeant son regard dans le siens, elle entrouvrit les lèvres.

J’ai quelques questions à te poser, homme du prieuré. Plus tu parleras, plus longtemps tu vivras. Compris ?


Sans attendre de réponse, Doc’ retira ses bottes et les posa à côté du coffre. Son pantalon fut jeté à côté, quelques instants après.
Hazia retourna auprès de Shadee et du colis tremblant. D’une main gantée, elle désigna sa cuisse, sans lâcher l’homme du regard.

Sais-tu quelque chose sur ça ?

Elle cilla un instant en observant l’expression du savant. Il ne détacha son regard du tatouage que pour la fusiller du regard.

Il est sur votre cuisse devant votre enfance! Vous connaissez parfaitement sa signification… Non mais vraiment, c’est un scandale ! M’enlever pour rien. Vous n’êtes pas saine d’esprit Mesdemoiselles !

Croisant les bras, la petite humaine le toisait, une lueur mauvaise dans l’œil.

Je n’ai plus aucun souvenir de ma vie passée. Alors éclaire ma lanterne le vioque !


L’homme s’arrêta de protester, et d’une voix forte, bien que tremblante il annonça froidement.

Vous ne vous souvenez plus ?... bah c’est peut être mieux comme cela. Démarrez une nouvelle vie, et oubliez tout ce que vous savez déjà… C’est pour votre bien. Je ne vous en révèlerai pas davantage.


Hazia glissa ses doigts dans l’épaisse barbe de l’homme et lui caressa un instant le menton, avant de se détourner et de le contourner. Souriante, elle se plaça à ses côtés, posa une main sur ton torse, l’autre sur son épaule. Ses lèvres s’approchèrent de l’oreille du prisonnier pour lui souffler quelques mots.

Un hurlement lui répondit.

Elle observa l’épaule, sortie de son logement d’origine et s’éloigna, un léger sourire aux lèvres. Les yeux fermés elle écoutait la mélodie nommée Douleur.

Cela ne fait que commencer le vieux... je me demande combien de temps il faudra pour te briser.

Que Grenth vous emporte!

Me voilà rassurée, je vais pouvoir m'amuser.


Un rire frais et innocent sortit de la gorge d'Hazia. Rire qui démentait avec la lueur de folie malsaine qu'on l'on apercevait au fond de ses prunelles. Tout sourire, elle porta la main à sa dague, puis se ravisa. Elle regarda Shadee et eu une idée..

Tu sais le vioque, je suis très inventive. Cependant, je pense que j’vais demander à ma frangine ici présente si ça la botterai de s’amuser un peu auparavant. Elle a certaines passions qui sont intéressantes. Ce serait sympa de ma part non ?

Alors la Cannibale ? Veux-tu jouer ? Ou je le saigne sans me charger de préliminaire?
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Shadëe
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Dim 26 Mai - 11:41

Petite fille au matin de la fête de l'hivernel... hésitante et impatiente tout à la fois, tournant autour de son présent qu'elle vient de découvrir, prenant le temps avant de s'en approcher alors que tout son corps semble se tendre pour s'en emparer rapidement.
Je souriais, maintenant la pression de mes doigts sur l'épaule de l'homme que je tenais agenouillé devant moi, la laissant prendre le temps qu'elle souhaiterait. Je me contentais d'observer pour une fois, je n'étais pas celle qui agissait mais celle qui offrait, simple témoin, élément secondaire de ce tableau qu'elle allait peindre de ses couleurs.

Bottes et cuissardes abandonnées au sol, elle nous présenta sa peau nue, pointant son doigt sur le dessin qui ornait le haut de sa cuisse. Je posais, comme le prisonnier, mon regard sur le tatouage de la Doc, suivant leur échange sans plus réagir. Mais je me souvenais de la première fois où elle me l'avait montré. C'était donc ça, la dernière piste qu'elle avait à suivre...

Il n'aurait pas du résister.
Une simple réponse aurait suffit... pourquoi les prisonniers n'ont ils jamais la présence d'esprit de comprendre quand il faut plier ? A croire qu'ils ont besoin de cette preuve que cette situation dans laquelle ils se trouvent n'est pas qu'un rêve...
Abusé par le corps frêle de ma soeur, sa petite taille et son regard doux, il n'avait peut être juste pas cru qu'elle se révélerait dangereuse... mais quand son épaule se déboîta pour venir pendre à son côté, je sentis sous mes doigts que son attitude changeait. Crispation soudaine, hurlement qui nait dans ce souffle qui vide sa cage thoracique, tremblement, incrédulité violente d'un réveil à la réalité qui l'entoure.
La douleur est un argument parfois bien plus puissant que les mots...

Je souriais de nouveau, séduite par la grâce animale qui se dégageait de la petite Hazia, son sourire vorace et assuré qu'elle arborait maintenant. Cette part sombre en elle demandait à s'exprimer et même si elle parvenait même à éveiller en moi une certaine crainte, je voulais en voir plus. Lui permettre de se révéler enfin avait quelque chose de terrifiant qui m'hypnotisait.

Mes paupières se fermèrent lentement, puis s'ouvrirent pour la contempler quand elle me demanda ce que je souhaitais faire. Ma main glissa de l'épaule inerte jusqu'au cou de l'homme, caressant sa peau flétrie de mes doigts et je prononçais ma réponse d'un ton concupiscent :

"Allons... Il sait des choses..."

Je glissais mon autre main sous le menton de l'homme et lui basculais la tête vers l'arrière, dans un angle douloureux, pour qu'il puisse croiser mon regard qui se baissait vers lui.

"Tu sais comme j'aime jouer... et cet animal là en a envie aussi, je le sens sous mes doigts. il tremble déjà de plaisir."

Je jette un regard bref, complice à Hazia puis replonge dans celui de l'homme, caressant son visage de mes mains, emprisonnant sa tête dans une immobilité menaçante. Je poussais la torsion de sa nuque encore vers l'arrière, qu'il sente, qu'il sache qu'un geste de trop briserait ses cervicales dans un craquement mélodieux.

Les yeux dans les yeux, je l'invitais à me répondre d'un sourire doux mais il demeura silencieux.
Oui, il avait compris.

"Tu sais ce que j'aime, moi ?" ajoutais je en dévoilant une canine.
"C'est lorsque ça dure longtemps..."


"Le... le tatouage...." réussit il à prononcer, pétrifié.

Je posais un doigt sur ses lèvres pour le faire taire, souriant de plus belle, amoureusement.

"Allons, on en reparlera plus tard, non ? Jouons un peu d'abord..."
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Hazia
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MessageSujet: Re: l'Héritage du Sang (ouvert)   Mar 28 Mai - 17:06

Doc' resta en retrait un instant, curieuse. Un sourire ravis illumina son visage lorsqu'elle vis l'accord tacite sur les traits de la norn. Elle ne la condamnait pas, bien au contraire, et cela la rassurait pour la suite... Car réponse ou pas, suite il y aurait. Lever le voile sur son passé n'était en fin de compte qu'un bonus, une possibilité supplémentaire que cette chèvre blanche lui offrait.
Sa main viens effleurer sa cuisse, ses doigts suivirent le contours du serpent a deux têtes gravé dans sa peau. Chaque tête venant mordre sa sœur a la nuque. Si étant que l'on puisse nommer nuque l'arrière de la tête d'un serpent... Elle le connaissait par cœur a force de l'observer, bien qu'elle ne soit jamais arrivée a déchiffrer les inscriptions minuscules qui l'emplissait, faisant office d’écailles.

Hazia s'agenouilla près de l'homme, observant sa gorge découverte. Un rapide coup d’œil lui assura qu'il ne bougera pas d'un pouce sous la poigne du Second.

Ne répond pas tout de suite... Nous sommes deux a vouloir nous amuser avec toi. Tu n'es pas homme a décevoir une femme non?

Elle rit a nouveau, soudainement. De cet éclat de rire que l'on ne peux qu'associer a celui d'un enfant innocent, et qui jurait avec elle, a cet instant précis.

J'espère que tu es endurant! Tu a entendu ma sœur? Elle aime que cela dure longtemps.


La petite humaine pencha la tête sur le coté, doucement. Son nez viens effleurer la gorge mise a nue de l'homme, et un bout de langue jaillit pour récolter une perle de sueur qui glissait par là.

Très longtemps...

Elle se détourna et leva la tête pour se rendre à la rencontre du regard de Shadee. Heureuse d'offrir a sa frangine la possibilité de se divertir, ce fut sur un ton léger qu'elle lui déclara:

Amuse toi alors! Fait ce que tu veux, tant qu'il reste en vie avec une folle envie de parler, son etat n'a pas d'importance.


Pendant un instant, son regard se troubla, devenant vague, comme perdue dans de sombres pensées. Les sourcils froncé, elle murmura:

Du moins pas beaucoup...


Doc' se releva vivement, et se s'éloigna. Jambe et pieds nus, elle s'engouffra avec allégresse vers le fond obscure de la cale, la mélodie de la marche funèbre aux lèvres.



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